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 page blanche

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scribouilleur
Doux Rêveur
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Nombre de messages : 76
Age : 38
Localisation : Montréal
Date d'inscription : 26/08/2006

MessageSujet: page blanche   Sam 2 Sep - 1:15

Il y a trois ans de cela, une personne qui connaissait ma passion pour l'écriture, on m'a offert un cahier. Après quelques hésitations, je l'ai ouvert, et j'ai écris le texte qui suit... je n'ai jamais rien écrit d'autre dans ce cahier.


Que dois-je faire ? Je suis perdu... perdu devant ce cahier à la virginité si attirante. Que doit-on faire quand on se retrouve face à un nouveau cahier ? Je ne sais pas... Il y a l’envie, bien sûr. L’envie de le commencer. D’écrire la première lettre, le premier mot, la première phrase... pourtant, dès que les premiers mots se retrouvent couchés sur le papier, le charme est rompu. Au premier contact entre la plume et le cahier, voilà que ce dernier perd sa virginité. Le charme qui nous a poussé à écrire a disparu. A peine avons nous répondu à cette forte impulsion que l’impulsion disparaît. C’est alors à notre tour de nous retrouver vidés. Il n’y a soudainement plus rien dans notre tête qui justifie notre première impulsion. Sûrement que l’idée n’était pas aussi bonne, ou que l’inspiration a disparu, s’est envolée avec la virginité du cahier.
Il y alors un moment de troubles, de silences. On se renferme sur soi-même, et surgit alors l’inévitable question : Pourquoi écrire ? La page blanche fait peur. Peur, parce que l’on ose pas briser sa pureté, sa perfection en y plaçant nos mots. Peur, parce que lorsque ce pas nécessaire sera franchi, on sortira vidé. La page vide ne sera plus assez vide pour nous inspirer, et on se retrouvera alors devant une page blanche. Pas totalement blanche, en fait, et c’est là que réside le problème. Le pas a été franchit, et la marche arrière n’est que rarement possible. Parfois, la page presque blanche finit chiffonnée dans une poubelle. Quand la page est seule, et le permet. Mais un cahier ne vous permettra jamais de lui enlever une page. Jetez en une, et vous jetterez son âme à la poubelle. Il perdra sa consistance de cahier, et deviendra... autre chose. C’est pour cela qu’il est si dur de s’attaquer à ce cahier, qui vous attend pourtant, les bras ouverts. Combien de cahiers restent commencés, mais jamais fini ?Une fois le premier charme rompu, le charme de la virginité, une nouvelle sensation s’installe alors en vous : un sentiment d’anxiété. et si vous n’aviez pas écrit les bons premiers mots ? Vous vous retrouvez alors avec votre cahier presque vide entre les mains, et un silence de mort vous entoure. La mort de votre cahier. Par votre plume, vous lui avez donné naissance, pour réaliser soudain que sa vie serait impossible. Il n’y aura rien ni personne pour le continuer. Et le cahier finit alors ses jours au milieu d’une étagère. On le regarde parfois. On le retourne, on le retourne encore, et on a mal. On a devant nous un cahier mort par notre faute. Sa vie s’est arrêtée quand notre stylo l’a quitté. Alors on cherche désespérément à lui redonner vie. Parfois, un miracle se produit. On écrit une page, puis deux. Une troisième suit difficilement, et à la quatrième, le cahier perd à nouveau la vie.Combien d’histoires n’auront jamais vu le jour ? Combien de héros sont morts avant d’avoir accompli leur quête. Combien de mission sont restées à jamais abandonnées ? Car souvent, le cahier qui traîne sur l’étagère n’est pas seul. On se dit “celui-ci c’est les bon”, et pour se le prouver, on écrit, on écrit, encore et encore... jusqu’au jour où on a une autre idée. Un nouveau cahier... une nouvelle vie, une nouvelle mort. Un cahier neuf fait peur, car, justement, on ne sait où il va nous mener. Quand vous achetez un livre, vous savez qu’il vous amènera à la dernière page. Imaginez votre frustration si le récit se terminait soudainement... si tout les personnages disparaissaient soudainement, sans ne plus laisser aucune trace. Puis imaginez que ces personnages étaient vos enfants, vos créations. De votre plume, vous leur avait donné naissance à tous. Une naissance sans doute douloureuse... vous avez vu votre personnage, et soudain, celui-ci est né. Pourtant, la même crainte entoure sa naissance, car vous ne savez combien de temps il vivra. Peut être que cet être que vous avez créé, à qui vous avez donné naissance, peut-être finira-t’il ses jours dans une étagère, revivant -parfois- lors de brefs soubresauts.
Imaginez tout ceci, et peut-être comprendrez vous la crainte que l’écrivain a lorsque sa plume touche le cahier pour la première fois. Il y a laissé sa trace, et celle-ci restera à tout jamais. Le cahier, en perdant sa virginité, aura prit vie, mais on ne saura jamais pour combien de temps...
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ropi
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MessageSujet: Re: page blanche   Sam 2 Sep - 8:34

Moi aussi, j'ai eu un cahier pour y écrire une histoire inventée. Il n'a amené qu'angoisse, tristesse, rébellion, gêne et désespoir. Je n'ai écrit qu'un seul mot dans ce cahier...VIDE! Je l'ai jeté par après. Je suis incapable de décider d'aller m'asseoir et de tenter de trouver des idées d'écriture. J'écris toujours sous l'impulsion. Aucun de mes poèmes n'a dépassé le 30 minutes pour l'écrire. Une écriture de fission, un mot vient en fragmenter un autre et ainsi de suite.
Très réaliste comme texte, tu as su trouver les mots pour décrire ce mur qu'est la page blanche.
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Alassea
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Date d'inscription : 18/10/2006

MessageSujet: Re: page blanche   Lun 30 Oct - 18:07

Je partage la même crainte que toi devant une page blanche.
Moi aussi j'accumule des cahiers vides et des crayons au fond des tiroirs avec l'espoir qu'ils prendront vie un jour.
Je suis déchirée entre le désir intense de laisser aller mon crayon librement et entre la peur de ne pas réussir à exprimer mes pensées et mes images avec les bons mots.

Pour moi, un cahier vierge est un trésor de possibilités, autant qu’un cahier rempli d’histoires et de mots est un trésor également.

Je n’aurais pu trouver de mots aussi justes pour décrire les sentiments ressentis devant une page blanche. Ton texte décrit ce qui m’a poussée, toute jeune, à abandonner mon rêve de devenir écrivaine et à délaisser ma passion pour l’écriture.
Vaincue par une page blanche, j’essaie désormais de prendre ma vengeance…

Je suis vraiment impressionné par ta façon de décrire une simple émotion, un simple instant avec autant de justesse et de précision.
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plumpaiok
Dague


Nombre de messages : 86
Date d'inscription : 28/08/2006

MessageSujet: Re: page blanche   Lun 30 Oct - 18:36

La vie de Plumpaiok, épisode 1

Tiens? Je n'ai pas la même attitude vis-à-vis d'un cahier. En général, quand j'ai une idée, elle remplit une multitude de feuilles volantes, griffons et notes, qui s'entassent alors que l'idée générale se développe, se précise, cherche à se structurer. Les feuilles forment en général un tas sans aucun ordre, plus ou moins informe, toujours sales, froissées, des morceaux déchirés. L'étape cahier, pour moi, est encore une étape de l'Avant. J'ai déjà, avec mes notes, mes dossiers, fertilisé grandement le terrain. Dans le cahier, ce sont des bribes, des notes plus fines que je pose. J'ai déjà, grossièrement, la structure, la trame, les intentions, évènements, personnages, ambiance, tout ça formant un maëlstrom à affiner. C'est dans ce cahier que ça s'affine. Je note des bribes, des passages, des idées, comme des lignes affinantes, donnant déjà un aperçu du résultat final. Comme une ligne d'un coutour qui se dessine soudain nettement sur une bouillie expressive de couleurs d'arrière-plan.
Dans le cahier, la forme s'affine. Quand arrive le moment de la rédaction finale, c'est le retour aux feuilles volantes, où les morceaux sont constitués dans le désordre, corrigés, réécrits, jusqu'à ce que toutes les pièces assemblées forment l'unité "terminée", celle qui a toujours besoin d'être refaite, même entièrement, mais à laquelle on s'arrête, par lassitude, par résignation, par raison. Par satisfaction, c'est rare, et peu souhaitable.
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Alassea
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Nombre de messages : 12
Date d'inscription : 18/10/2006

MessageSujet: Re: page blanche   Lun 30 Oct - 18:57

plumpaiok a écrit:
[...]jusqu'à ce que toutes les pièces assemblées forment l'unité "terminée", celle qui a toujours besoin d'être refaite, même entièrement, mais à laquelle on s'arrête, par lassitude, par résignation, par raison. Par satisfaction, c'est rare, et peu souhaitable.

Parfaitement d'accord avec toi! aaaaah l'artiste, cet éternel insatisfait
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